Discussion du samedi 5 janvier 2019


#1

S’organiser en villages interdépendants autour de Jupilles.
40 personnes présentes, venant de Jupilles et des alentours, mais aussi de plus loin (Vaas, Le Mans, Poncé sur Loir…)

Présentation de Yoan :

  • Proposition de partir de l’acceptation des observations et conclusions scientifiques actuelles, prévoyant un probable effondrement de notre société thermo - industrielle à plus ou mois court terme.
  • Cette acceptation est le fruit d’un travail de deuil qui ne peut être fait en si grand groupe.
  • Partons aussi du fait que l’entraide est omni-présente dans la Nature et dans le monde Humain, et que c’est en nous entraidant que nous vivons heureux et de façon résiliente.

3 livres à lire :

  • Comment tout peut s’effondrer, (Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes). Pablo Servigne, Raphaël Stevens. Ed. Seuil. 2015.
  • L’entraide, l’autre loi de la jungle. Pablo Servigne, Gauthier Chapelle. Ed. Les liens qui libèrent. 2017.
  • Une autre fin du monde est possible. (Vivre l’effondrement, et pas seulement y survivre). Pablo Servigne, Raphaël Stevens, Gauthier Chapelle. Ed. Seuil. 2018.

Tour de table avec une idée exprimée :

  • Nath : curiosité, découverte, écoute
  • Gui : As-t-on besoin de l’effondrement pour inventer un nouveau monde?
  • Fred : des changements pour le bien de la planète.
  • Shel : Avec nos souvenir d’avant, créer ex nihilo.
  • Juli : habitat collectif / individuel
  • paul : Être autonome sans se refermer sur nous même
  • Chri : Transports solidaires. Déplacements.
  • Dani : Faire prendre conscience.
  • Anne : Entraide
  • Pierr : Modes d’organisations sociales, relations humaines. (les besoins vitaux sont plutôt faciles à satisfaire)
  • Anne : Ce qui se passe sur Jupilles est intéressant, continuons !
  • Loï : Du mal à croire à l’entraide.
  • Gaë : Partage… jusqu’où? du noyau vers l’extérieur.
  • Virg : En questionnement car va déménager.
  • Dami : On peut faire sans effondrement. Mais quelles mises en œuvres crédibles ?
  • Mari : Présente pour participer.
  • Paul : Comment vivre ensemble ? Savoir faire / Savoir vivre.
  • Jon : Recréer du lien, vivre ensemble.
  • Yan : Agir tout en réfléchissant plutôt que de réfléchir avant d’agir. Idée au Mans : déplacer 200kg sans pétrole ni traction animale.
  • Mari : Vient pour découvrir.
  • Seb : Micro-habitat - curiosité.
  • Mari : Liens entres les personnes. Générations futures.
  • Auri : Est persuadée que l’Humain va s’adapter. Collaboration. Travail sur soi avant de faire ensemble.
  • Dam : Penser différemment. Mutualiser les compétences. Réussir à convaincre.
  • Joe : Notre corps est Entraide. Nous pouvons faire pareil à l’extérieur !
  • Sami : Qu’est-ce qui est essentiel ? Esclave énergétique. Redéfinir nos besoins sans superflu.
  • Juli : Quelle chance !
  • Eva : Quel superflu ? pour qui ?
  • Jean : Putain de Facteur Humain.
  • Valérie : Organisation sur un territoire rural.
  • Fabrice : là pour voir.
  • Santos : Oui, cela peut arriver.
  • Richard : Je découvre.

Discussions en groupes de ~6 personnes :
Habitat / Autonomie / Organisation sociale - Travail sur soi / Déplacement / Territoire forêt de Bercé / Générations futures.


#2

question subsidiaire …devant les défis qui nous attendent, que pensez vous d’un éventuel retour de la religion comme refuge pour bon nombre de nos concitoyens ?
( merci de me dire si c’est le bon endroit pour exprimer un point de vue … )


#3

Y a-t-il seulement une religion dont le rôle et le bilan soient positifs pour la société qu’elle guide et parasite?
Recréer une caste de religieux pourrait effectivement être une tentation, des contemplatifs, des érudits, des moines-chevaliers, des hospitaliers?
Ceci dit, je persiste à dire que 80% de la population devra se consacrer à produire les ressources alimentaires et agricoles, si l’effondrement nous reporte à un niveau technologique proche de celui de nos campagnes au XVIIIe.


#4

Personnellement, tout ce qui s’approche d’un dogme me fait craindre pour la liberté de pensée. D’ailleurs, la définition est “Point fondamental et considéré comme incontestable d’une doctrine religieuse ou philosophique (…).” (Larousse). Donc si tu me demandes mon avis, cela me fait plus peur pour la liberté d’agir qu’autre chose, bien que justement ma tolérance pour la liberté de choix de chacun ne rejette aucun.e.


#5

Ci dessous les notes de Valérie pour les discussions en groupes :

1/ groupe DÉPLACEMENT

  • créer de l’interdépendance
  • c’est pas pour rien que les gens sont en campagne plutôt qu’en ville
  • mode de vie sans pétrole, ce qui implique de remplir les véhicules
  • quelques solutions : le solaire / la traction animale / utiliser les muscles / le nucléaire / les rails
  • matériaux autre que l’acier
  • entrer dans les règles actuelles avec les élus

2/ groupe HABITAT

  • Jupilles : avant : 1400 habitants / aujourd’hui : 600
  • repenser le m² à l’habitant / les dépenses / l’aménagement intérieur en fonction des périodes de vie
  • faut-il arrêter de construire ? Faut-il utiliser l’existant
  • faut-il utiliser les micro habitats (pour pouvoir bouger) ?
  • Mutualisation de locaux
  • les règles de construction doivent être repensées.
  • recréer des relations entre les habitants et le territoire
  • Arrêter de construire sur les terres agricoles.

3/ groupe ORGANISATION SOCIALE

  • comment vivre ensemble ?
  • travailler sur soi : humilité / être souple / sortir de sa zone de confort
  • dans les organisations : savoir tout remettre en cause

4/ groupe AUTONOMIE

  • comment vivre en autonomie avec pratiquement rien ?
  • être autonome au milieu de gens qui n’en sont pas.
  • les centrales d’achat
  • le travail sur le RIEN
  • regarder plus précisément ce qu’est le superflu
  • les lois deviennent de + en + dure mais il faut faire parfois sans.

5/ groupe GÉNÉRATIONS FUTURES

  • Fracture avec les ruraux et les urbains
  • qu’est ce qu’on veut pour nos enfants ? leur faire connaître la terre, le vivant.
  • exemples des écoles de la forêt, le travail sur soi, la gestion de groupes
  • des nouvelles manière de faire réfléchir / autres pédagogies / agir dès son plus jeune âge pour devenir des adultes responsables.

6/ Groupe CARTOGRAPHIE

  • comment combiner les idées des groupes DÉPLACEMENT et HABITAT
  • comment faire avec les élus / l’État dans un contexte d’effondrement (avant / après)
  • idée de protéger la forêt de Bercé comme un bien commun (idem que la question de l’eau)
  • nécessité d’établir des règles communes sur la gestion des biens communs
  • comment réinventer et faire revivre les villages/hameaux désertés .
  • comment créer des “unités de production” pour se vêtir, se nourrir, créer des objets : c’est le terrain (territoire, savoir-faire, ressources locales) qui va déterminer certaines activités.
  • faire l’état des lieux des personnes / lieux ressources locales.

#6

Quelques références utiles :

  • “le municipalisme libertaire” de Bookchin
  • l’expérience de communauté multiculturelle du Rojavaen syrie
  • Les villes utopiques (Yona Fridman)
  • les ouvrages de Pablo Servigne (“comment tout peut s’effondrer”, “l’entraide, l’autre loi de la jungle”, "Une autre fin du monde est possible)
  • ou en vidéo chez Thinkerview, chez D. Mermet. ou une conférence à supAgro.

#7

Je rejoins Juliette dans ce qu’elle dit. Cependant il ne faut pas confondre Religion et Spiritualité. Je suis ok avec la spiritualité sous toutes ses formes à partir du moment où elle ne devient pas non plus dogmatique. Je trouverai pour ma part très intéressant de retrouver des rituels en lien avec la nature qui redonneraient du sens à la vie des individus. En s’inspirant des pratiques des peuples premiers par exemple.


#8

Merci Valérie et Yo pour la synthèse et la prise de notes.

En temps de crise, je redoute que le besoin/l’envie de spiritualité soit au choix, du temps perdu ou une porte ouverte à des gourous dont les intentions peuvent être louches et donc dangereuses.

De la même manière il faudra envisager de se passer des diverses substances dites récréatives dont on connait d’or et déjà les coûts et impacts directs et indirects.

Je ne suis pas ethnologue, Valériane, mais n’y a-t-il pas toujours une autorité assise sur la spiritualité, sur la force et sur des boissons/drogues dans ces populations? Populations qui souvent ont fait l’objet de fantasmes.
Richard